C’est Dominique Vivien (TEAM ROCHELAIS BOULAIS – VIVIEN)
qui nous remémore cette magnifique aventure par quelques explications :
Nous étions vraiment impressionnés lorsque l’on a découvert la ligne droite du départ, et je ne blague pas, quand je dis qu’il faisait – 14° (en 1986), que le sable, sous la première couche fine, était dur comme du béton… Même la partie découverte à marée basse était glacée…!!! Puis c’est l’attente, la pression qui monte, dans le parc fermé enfumé, suffoquant, le bruit, les vibrations…la bagarre qui commence dans la petite rue qui mène à la plage pour arriver dans les premières bonne place, qui nous permettrons de bien s’élancer, sur la bonne trajectoire, pour la grande ligne droite et bien arriver pour éviter l’embouteillage du goulet…!!! L’inconscience du danger à la première participation ( comme un premier saut en parachute), et beaucoup de stress pour la deuxième participation, en plus d’un mauvais départ ou il fallu que je remonte, à fond, la poignée dans le coin, en guidonnant à plus de 130km/h, la moitié des concurrents partis avant moi…en me disant: « je ne peux pas freiner, s’il tombe, je lui passe dessus, je tombe et me fais labourer par une centaine d’autres motards en furie…!!! » La fatigue, l’épuisement total, pendant, après l’épreuve, les courbatures… Malgré une condition physique et une préparation au maximum à cette époque. Un entrainement spécialisé dans le sable, pendant 2 mois, sur les plages de l’Ile de Ré. La préparation de la moto, avec les réglages spéciaux « sable / mer », moteur refroidi par « air », pas un seul début de serrage, pas d’ouverture du moteur, du Touquet 85 au Touquet 86, avec entre les deux une saison d’enduro…incroyable non!!! Merci « Tonton Seurat » (en hommage à mon ami Joël disparu).
Enrichisseur à main au guidon pour ne pas serrer dans le ligne droite :
Et voici notre 2 éme Enduro du Touquet 1986. J’avais fait un petit « salon motos » pour récupérer des fonds pour faire cet enduro. Avec la même moto HVA240WR, moteur jamais ouvert, enrichisseur à main au guidon pour ne pas serrer dans le ligne droite, gicleur spécial, filtre à air préparé recouvert d’un  » bas pour femme en nylon » pour éviter au sable de renter dans le carbu… Cette année 1986, il faisait un froid sibérien ( – 14° ), le sable était dur comme du béton, attention les chutes. Départ moins bien réussi, car un motard à calé devant moi et m’a fait perdre du temps…
Et enfin, un grand merci à Monsieur Jean-Pierre Allard pour l’envoi de ses photos. Voici le souvenir très ému qu’il nous livre de cette édition :
« … je ne vais pas m’égarer dans des digressions philosophiques au sujet de cette époque malheureusement révolue, mais je préfère me souvenir de la poussée d’adrénaline que j’en ressentie en 1986 lorsque je me trouvais au dessus du goulet et que j’ai vu arriver tout ce tas de bécanes ensemble dans ce passage étroit. C’était la première fois que j’allais au Touquet et je ne m’imaginais pas du tout que ça pouvait être ce magnifique bordel fait de bruit, de sable et d’odeurs de ricin. Moi qui étais plutôt habitué des courses de vitesse, j’ai pu constater que les pilotes d’enduro étaient aussi de sacrés clients. »
